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29 mai 2013

Ruqiyya

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ruqiyya

Les cris et les pleurs de Zaynab vibraient encore entre les quatre murs de la maison, quand une seconde fille, Ruqiyya , était venue égayer la maison du Prophète et de son épouse Khadija . Cette naissance était comme la première une bonne et heureuse nouvelle.

Comme ses soeurs, elle reçut la meilleure éducation.

Le mariage des deux soeurs :

Quelque temps après le mariage de Zaynab avec Abu l-As Ibnu-r-Rabi', une délégation de la famille de Abd al-Muttalib arriva dans la maison de Muhammad . Elle etait venue pour demander la main de Ruqiyya et sa petite soeur Um Kaltoum pour 'Ataba et 'Utayba, les deux neveux de 'Abdul-'Uzza.

Les deux filles n'avaient rien à reprocher aux deux prétendants, mais elles s'inquietèrent de la réputation de Umm Jamila, la femme de 'Abdul-'Uzza et mère des deux jeunes hommes, qui était connue pour avoir un coeur dur, insensible aux malheurs des autres. Elle était, de plus, une mauvaise langue.

Mais Ruqiyya et Um Kaltoum ne purent pas décliner la proposition de mariage, car un refus aurait été ressentit comme un affront et une humiliation à Umm Jamila, qui n'aurait pas hésité à créer une zizanie dans le clan Quraychite.

Ainsi, elles acceptèrent de se marier pour ne pas causer de problème entre leur Père Muhammed et ses proches parents. Il ne leur restait qu'à supporter l'animosité de 'Abdu-l-'Uzza et la malveillance de sa femme.

Répudiation et Persécution

Le Mariage ne durera pas longtemps. En effet, dès que le Prophète commença sa mission et se mit a appeler les gens à la religion de la vérité, ses deux filles Umm Kaltoum et Ruqiyya furent chassées de la maison d''Abdu-l-'Uzza surnommé Abu Lahab et retournèrent auprès de leur père et leur mère.

Les membres de la famille des deux maris, enracinés dans leur idolâtrie, avaient été encouragés par les Quraysh, aussi entêtés dans leur mécréance qu'eux, à répudier les deux filles sans tarder :

- En vous mariant avec ses filles, vous avez soulagé Muhammad de ses soucis. Rendez lui donc ses filles pour le faire replonger dans ses insolubles problèmes.

Ils promirent aux deux fils d'Abu Lahab de les marier avec n'importe quelles autres femmes qurayshites qui leur plairaient.

Umm Jamil etait, en réalité, jalouse de as-sayyida Khadija. Elle éprouvait même de la haine envers elle. En incitant les gens contre Muhammad, elle voulait, par la même occasion, altérer le bonheur de son épouse, bonheur qui était cité en exemple dans le milieu mecquois. Non seulement, elle lui rendit ses deux filles, mais elle, et son mari, descendirent dans l'arène de la bataille qui opposait le Sceau des envoyés aux Qurayshites. Il n'y avait pas quelqu'un d'aussi virulent qu'elle et aussi méchant que son époux.

C'est d'elle et de son mari qu'il est question dans la sourate 111 intitulée « Al-Massad », ce qui augmentera davantage leur colère et leur agression :

Que périssent les deux mains d´Abu-Lahab et que lui-même périsse. Sa fortune ne lui sert à rien, ni ce qu´il a acquis. Il sera brûlé dans un Feu plein de flammes. De même sa femme, la porteuse de bois, à son cou, une corde de fibres.

Lorsque cette sourate fut revelée, Umm Jamil, la femme d'Abu Lahab, chercha le Prophète qui se trouvait avec Abu Bakr dans l'enceinte de la Ka'ba. Ce dernier, en voyant Umm Jamil s'avancer vers eux, dit au Prophète :

- Mets-toi de côté ou quitte la mosquée car il semble qu'elle est venue t'agresser.

Abu Bakr, quelque peu surpris, reçut cette réponse :

- Il y aura comme un écran entre elle et moi. Ainsi elle ne le vit pas.

La femme d'Abu Lahab dit à Abu Bakr sur un ton coléreux, tout en dévoilant son ignorance sur l'origine et la portée de la révélation divine :

- Ton compagnon fait de la poésie contre moi.

Abu Bakr répliqua comme pour rectifier l'erreur de cette femme perfide et lui expliquer la vraie dimension du Livre de Dieu :

- Par Allah ! Il ne dit pas de la poésie.

Quand elle partit, étonné, Abu Bakr dit à son ami :

- Ô Envoyé de Dieu ! Comment se fait il qu'elle n'a pas pu te voir alors que tu es assis près de moi, aussi visible que moi même ?

Le Prophète répondit en souriant, insouciant de l'incrédulité de cette femme vouée, incontestablement, aux affres du Feu :

- En effet, un ange s'est interposé entre elle et moi.

Le Mariage de Ruqiyya et 'Uthman Ibn 'Affan

En renvoyant les deux filles chez leurs parents, Abu Lahab et sa femme Umm Jamil pensaient perturber la famille du Prophète.

Ainsi, leur tentative échoua lamentablement d'autant que Uthman Ibn Affan ne tarda pas à demander la main de Ruqiyya. Celle ci allait connaître une meilleure vie conjugale avec cet homme qui faisait partie des dix hommes auxquels le Paradis avait été promis. Il appartenait à la jeunesse dorée des Quraysh. Cette union venait renforcer la communauté musulmane, d'autant plus que ses membres étaient disposés à sacrifier leurs biens et leur vie pour le triomphe de la religion de Dieu.

L'émigration en Abyssinie

Lorsque le Prophète vit que l'oppression s'accentuait et qu'il n'avait aucun moyen de s'y opposer, il ordonna aux croyants d'émigrer en terre d'Abyssinie où régnait un roi juste, incapable de faire du mal aux gens.

Uthman Ibn Affan a été le premier à émigrer accompagné de sa femme Ruqiyya. Celle ci ne pouvait pas retenir ses larmes. Elle embrassa son père, sa mère et ses soeurs avant de suivre son mari vers ce pays étranger qu'elle voyait pour la première fois.

Les Abyssins accueillirent convenablement les premiers émigrants et le Négus les laissa vaquer à leurs occupations en toute liberté. Il leur permit de pratiquer leur religion sans qu'aucun ne puisse exercer sur eux une quelconque contrainte.

Cet état ne fit qu'accroître la colère des associateurs mecquois. Ils n'admettaient pas que des musulmans puissent vivre en sécurité. Ainsi, ils décidèrent d'envoyer une délégation pour convaincre le Négus de renvoyer les émigrants à la Mecque, mais le Roi Chrétien refusa de les expulser à cause de leur croyance à Jésus Christ.

L'échec de la tentative procura une immense joie aux musulmans qui allaient vivre en paix, sans toutefois oublier leur patrie.

Ruqiyya était de celles qui avaient le plus de nostalgie. Il est vrai que c'était la première fois de sa vie qu'elle se séparait de son père, sa mère et ses soeurs. Cependant, les événements qu'elle avait subis à la Mecque et les fatigues du trajet jusqu'en Abyssinie avaient quelque peu épuisé ses forces. Sa santé était si fragile qu'elle ne pouvait supporter le bébé qui était dans son ventre. Ce fut alors qu'elle fit une fausse couche. Dieu merci, elle aura un autre enfant une année plus tard. Elle lui donna le nom de son grand-père : 'Abd Allah.

La faiblesse ressentie par Ruqiyya ne la découragea pas parce qu'elle était entourée des soins de son mari et de l'attention des émigrants. Leur précieuse aide lui fit surmonter la crise morale dont elle avait été atteinte. Sa santé s'améliora encore davantage quand elle apprit que le blocus organisé autour de sa famille avait été levé.

Les nouvelles lui parvenaient, de temps à autre, de la Mecque. Ce fut ainsi qu'elle apprit que de nouveaux membres étaient venus renforcer la communauté musulmane. L'information la plus importante portait sur l'annonce de la réconciliation des assiciateurs avec son père. Cette fausse nouvelle s'était propagée à la suite de la mauvaise interprétation qui a été faite sur ce qui est appelé "les versets sataniques". La révélation avait mis les choses au point mais les émigrants ne l'avaient pas appris à temps. Aussi, leur éventuel retour à la Mecque les remplissait de joie.

Le Retour à la Mecque

En effet, quelques temps après, des émigrants firent les préparatifs nécessaires pour leur retour. Les partants étaient au nombre de trente trois conduits par Uthman Ibn Affan, accompagné de sa femme et de son nourrisson Abd Allah. La perspective de revoir leurs familles et leurs amis les comblait de gaieté et d'allégresse. Ils se voyaient déjà vivre dans la tranquillité et la paix.

Hélas ! Ils s'aperçurent que rien n'avait changé. Les musulmans mecquois étaient toujours harcelés et brutalisés par les mécréants. Ruqiyya entra néanmoins dans la maison de ses parents en toute confiance. Elle entoura de ses bras ses soeurs Um Khatum et Fatima, ignorant la mauvaise nouvelle qui l'attendait. Elle tourna son regard à droite et à gauche et demanda :

- Où est mon père et où est ma mère ?

Elle apprit que son père était allé à la rencontre des émigrants. Puis, un silence pesant s'abattit dans la maison. Elle répéta sa question :

- Et ma mère où est-elle ? , le coeur palpitant.

Um Kaltoum se tut. Quant à Fatima, elle sortit de la chambre, ses yeux gonflés de larmes. Ruqiyya se dirigea vers la chambre de sa mère qu'elle trouva vide. Elle comprit que celle qui lui donna le jour, n'était plus de ce monde. Elle demeura pétrifiée de douleur jusqu'à l'arrivée de son père qui la console

L'émigration à Médine et décès de Ruqiyya

Ruqiyya ne resta pas longtemps à la Mecque. Après l'émigration de son père à Médine, ce fut ensuite son tour d'aller le rejoindre, en compagnie de son mari.

A Médine, elle feignit d'oublier la mort de sa mère et les misères qu'elle traversait depuis que son père s'était mis à appeler les gens à se conformer à la religion de Dieu. Hélas, Dieu lui fit connaître de nouvelles épreuves. En effet, son fils Abd Allah mourut alors qu'il n'avait que six ans. Elle tomba elle même malade, entourée par les soins de son mari.

Ruqiyya était dans un état critique quand elle entendit l'appel au Jihad. C'était la mobilisation des Muhajirins et des Ansars qui allaient affronter l'ennemi à Badr. Uthman aurait souhaité répondre à cet appel mais son coeur ne l'autorisait pas à quitter Ruqiyya qui luttait contre les affres de la mort. D'ailleurs, le Prophète l'en dispensa, lui ordonnant de demeurer au chevet de sa femme mourante. Quelques temps après, elle perdit l'âme, au moment où l'annonce de la victoire des croyants sur les mécréants se répandit dans toute la ville de Médine.

Le Prophète arriva, s'approcha du lit de la défunte et l'embrassa sur le front en signe d'adieu. Ensuite, il alla consoler Fatima qui, courbée sur le lit de sa soeur, versait de chaudes larmes.

Toutes les croyantes accoururent en apprenant la malheureuse nouvelle de la mort de Ruqiyya. Aucune d'elles ne pouvait retenir ses larmes, tant une profonde tristesse agitait leurs coeurs. Leurs cris irritèrent Umar Ibn Khattab qui les réprimanda en leur disant que ce lieu avait besoin de calme et de tranquillité. Le Prophète , stoppa leurs lamentations en disant :

- Tout ce qui est dans les yeux et le coeur émane de Dieu et de sa Miséricorde. Quant à ce qui vient de la main et de la langue est produit par Satan.

Après quoi, il fit la prière sur sa fille Ruqiyya, cette femme qui avait connu deux émigrations, l'une en Abyssinie et l'autre à Médine et dont la mort coïncida avec l'éclatante victoire de la foi sur la mécréance à Badr.

Qu'Allah soit satisfait de Ruqiyya

Qu'Allâh nous guide sur le droit chemin, le chemin tracé par Son Noble Messager, Ses Compagnons, et ceux qui les ont suivis, Allâhumma Âmîn.

Wa Allâhou A'lam !

Et Dieu est Plus Savant !

 

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26 mai 2013

Umm Kaltoum

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Ni l'amertume, ni le désappointement n'effleurèrent l'esprit de Muhammed et Khadija à la naissance d'une troisième fille, Um Kaltoum . Pourtant, cette nouvelle aurait chagriné n'importe quel autre père qui n'ayant pas d'enfant mâle se serait sentit humilié. Au contraire, Muhammed et Khadija ont remercié Dieu de leur avoir offert ce petit bijou qui réjouissait leurs yeux.

Comme ses soeurs, elle reçut la meilleure éducation.

Le mariage des deux soeurs :

Quelque temps après le mariage de Zaynab avec Abu l-As Ibnu-r-Rabi', une délégation de la famille de Abd al-Muttalib arriva dans la maison de Muhammad . Elle etait venue pour demander la main de Um Kaltoum et sa grande soeur Ruqiyya pour 'Utayba et 'Ataba, les deux neveux de 'Abdul-'Uzza.

Les deux filles n'avaient rien à reprocher aux deux prétendants, mais elles s'inquietèrent de la réputation de Umm Jamila, la femme de 'Abdul-'Uzza et mère des deux jeunes hommes, qui était connue pour avoir un coeur dur, insensible aux malheurs des autres. Elle était, de plus, une mauvaise langue.

Mais Ruqiyya et Um Kaltoum ne purent pas décliner la proposition de mariage, car un refus aurait été ressentit comme un affront et une humiliation à Umm Jamila, qui n'aurait pas hésité à créer une zizanie dans le clan Quraychite.

Ainsi, elles acceptèrent de se marier pour ne pas causer de problème entre leur Père Muhammed et ses proches parents. Il ne leur restait qu'à supporter l'animosité de 'Abdu-l-'Uzza et la malveillance de sa femme.

Répudiation des deux soeurs

Le Mariage ne durera pas longtemps. En effet, dès que le Prophète commença sa mission et se mit a appeler les gens à la religion de la vérité, ses deux filles Umm Kaltoum et Ruqiyya furent chassées de la maison d''Abdu-l-'Uzza surnommé Abu Lahab et retournèrent auprès de leur père et leur mère.

Les membres de la famille des deux maris, enracinés dans leur idolâtrie, avaient été encouragés par les Quraysh, aussi entêtés dans leur mécréance qu'eux, à répudier les deux filles sans tarder :

- En vous mariant avec ses filles, vous avez soulagé Muhammad de ses soucis. Rendez lui donc ses filles pour le faire replonger dans ses insolubles problèmes.

Ils promirent aux deux fils d'Abu Lahab de les marier avec n'importe quelles autres femmes qurayshites qui leur plairaient.

Le blocus décrété par les mécréants

Dieu avait voulu faire du bien à Um Kaltoum en la divorçant de 'Utayba Ibn Abu Lahab. Elle avait été délivrée de la fureur d'Umm Jamil, la porteuse de bois, ainsi que l'avait décrite le Coran. Donc, après sa répudiation, Umm Kaltoum rejoignit la maison paternelle et vécut avec sa soeur Fatima à la Mecque.

Cela lui donna l'occasion d'aider sa mère Khadija, et son père qui revenait à chaque fois exténué par les offenses dont ses compatriotes l'accablaient. Les deux femmes étaient là pour le soulager de ses souffrances morales.

Entre temps, Hamza rallia les rangs de la communauté musulmane suivi de Umar Ibn Khattab. Umm Kaltoum se sentait quelque peu soulagé car elle voyait que son père était à présent entouré d'hommes vaillants, capables de lui apporter une aide précieuse.

Cependant, la vindicte des Quraysh était tenace. Aussi Umm Kaltoum subit avec ses parents et toute la famille Hashimite, sauf Abu Lahab, le blocus organisé par les mécréants. Elle mangea avec eux les feuilles des arbres quand ils n'avaient pas de quoi se nourrir décemment. Pendant trois ans, toutes les nourritures, qu'ils recevaient, leur parvenaient clandestinement par des amis et des alliés.

Cette pénible situation n'ébranla pas pour autant la foi d'Umm Kaltoum. Elle était certaine de la victoire de son père bien qu'elle avait, comme tous les autres, si faim qu'elle portait à sa bouche tout ce qui lui paraissait consommable. Cet état dura jusqu'au jour où un groupe d'assiociateurs eurent leur conscience troublée de voir des gens souffrir de la sorte. Beaucoup commencèrent à regretter leur acte. Ce fut ainsi, qu'une nuit, Hisham Ibn Amru arriva avec un chameau plein de provisions près du lieu du blocus. Il libéra la bête de ses rênes et celle ci se dirigea vers le campement.

Le Prophète distribua le contenu entre tous les prisonniers du campement.

Quelques temps plus tard, Hisham Ibn Amr et d'autres hommes avec lui décidèrent de déchirer la proclamation du blocus. Arrivés à la Kaaba, ils trouvèrent la proclamation rongée par les termites. Il ne restait suspendu qu'un petit carré de papier où il était encore écrit :

"En ton Nom Seigneur Dieu - Bismika allahumma". Devant ce spectacle imprévu, les Quraysh restèrent interloqués.

Fin du blocus et décès de Khadija

Les musulmans présents dans ce campement, applaudirent la bonne nouvelle. Tous ce préparèrent à quitter ce lieu de sacrifice et de privation et se dirigèrent vers la Ka'ba. Ils firent le tour de ce temple, après quoi, chacun retourna chez lui.

Dans la maison du Prophète , As-Sayyida Khadija se prépara à rencontrer son Seigneur. Quelques temps après la levé du blocus, alors que son mari se trouvait à ses côtés, elle rendit l'âme. Ses filles, Umm Kaltoum et Fatima entouraient son lit. Elles embrassèrent une dernière fois cette mère qui avait montré tant de courage, de persévérance et de ténacité devant l'adversité.

L'émigration à Médine

Le moment arriva ou Dieu ordonna au Prophète d'émigrer à Yathrib. Il fit ses adieux à ses filles, avec l'espoir de les revoir à Médine et émigra avec son compagnon Abu Bakr.

La bonne nouvelle de leur arrivé à Yathrib, sains et sauf, arriva à la Mecque. Il était, à présent temps que les filles, Umm Kaltoum et Fatima, ainsi que la famille d'Abu Bakr rejoignent leur père sous la conduite de Zayd Ibn Haryth. La tristesse d'abandonner leur maison se mêlait à la joie de revoir leur père et de vivre avec lui au milieu d'autres émigrants et de leurs hôtes bienfaiteurs les Ansârs.

Deux années s'écoulèrent depuis l'émigration d'Umm Kaltoum et de Fatima. Cette période avait été pleine d'évènements. Umm Kaltoum était témoin du retour de son père victorieux à Badr. De la même manière, elle vécut la triste mort de sa chère soeur Ruqiyya.

Le mariage avec Uthman Ibn Affan

Au cours de la troisième année, les Quraysh continuaient à pleurer leurs morts de Badr et appelaient à la vengeance. Umm Kaltoum s'attendait que Uthman Ibn Affan demande sa main après la mort de sa femme Ruqiyya. Cependant, un léger incident faillit déranger ce projet. En effet, un jour du mois ar-Rabi', le Prophète rentra à la maison pour un repos bien mérité.

Il n'eût pas le temps de s'asseoir que 'Umar Ibn Khattab fit irruption chez lui, agité par la colère. Il se plaignit de l'attitude d'Abu Bakr et de Uthman parce qu'il avait proposé, à l'un puis à l'autre, de prendre pour femme sa fille Hafsa. Celle-ci avait perdu son mari Khunays Ibn Hadhafah. Si Abu Bakr garda le silence, Uthman lui répondit :

- Je le veux pas me marier aujourd'hui.

Umm Kaltoum entendit son père dire à Umar :

- Hafsa se mariera avec un homme meilleur que Uthman. Et Uthman se mariera avec une femme meilleure que Hafsa.

Elle comprit l'allusion et son coeur se mit à battre de joie. Alors le Prophète l'appela et lui proposa de se marier avec Uthman. Elle donna son accord. Le mariage fut célébré et Umm Kaltoum rejoignit la maison de Uthman, où sa grande soeur avait également vécu.

Umm Kaltoum vécut six années dans la maison de Uthman. Elle avait vu l'Islam remporter victoire sur victoire, comme elle avait vu son père organiser des expéditions militaires les unes après les autres. Son mari était toujours aux côtés de son père. Il combattait en donnant sa fortune et en se disposant à sacrifier sa vie.

La générosité de Uthman Ibn Affan

Il y avait un puits nommé "puits de dawmah" qui appartenait à un Juif. Celui ci s'enrichissait en vendant de l'eau aux musulmans. Une fois, l'Envoyé de Dieu dit à ses compagnons :

- Qui de vous achètera ce puits et le mettra à la disposition des musulmans pour qu'ils puissent s'alimenter librement en eau ? Celui qui le fera aura un abreuvoir spécialement réservé à lui au Paradis.

Uthman se proposa d'aller voir le Juif, propriétaire du puits. Il lui fit une proposition, mais le Juif ne daigna en vendre que la moitié au prix de douze mille dirham. Ainsi, il l'acheta. Il fut décidé que la propriété du puits serait un jour à Uthman et un jour au Juif. Quand le tour du premier arrivait, les musulmans emplissaient de l'eau de sorte que ce liquide leur suffise pendant deux jours. Quand le Juif vit ce qui se passait, il lui dit :

- Tu m'as privé d'une source de revenu. Achète donc l'autre moitié pour huit mille dirham. C'est ce qui fut fait.

Une autre fois, le Prophète demanda à ses compagnons :

- Qui de vous voudrait agrandir notre mosquée ? Uthman acheta un terrain qui permit d'élargir l'espace du lieu de prière.

Au mois de Dhu-l-Qi'da, an VI de l'hégire, Umm Kaltoum vit son père quitter Médine à la tête d'environ mille cinq cents compagnons. Il voulait aller à la Mecque pour effectuer la Umra, le petit pèlerinage. Tous partirent sans armes, sauf leurs épées gardées dans leurs fourreaux. Ce qui signifiait qu'ils n'avaient pas l'intention de livrer une bataille. Les Mecquois s'opposèrent à l'entrée des musulmans dans leur cité. Ils les bloquèrent à Hudaybiyya. Le Prophète envoya Uthman comme émissaire afin qu'il fasse savoir aux associateurs que les musulmans n'ont pas d'intention belliqueuse. Leur seul désir est seulement de s'acquitter des rites de la Umra.

En apprenant que son mari avait été désigné en qualité d'émissaire pour le camp ennemi, Umm Kaltoum sentit de fortes palpitations dans son coeur. Elle n'ignorait pas que son père avait une grande confiance en son époux. Il était digne de confiance d'accomplir une mission aussi délicate et périlleuse. Cela ne l'empêcha pas de craindre pour sa vie. La fausse nouvelle de la mort de Uthman, tué par les idolâtres, se répandit à Médine. Son angoisse se transforma alors en une profonde consternation tant son chagrin n'avait plus aucune limite.

Quant au Prophète , il appela les croyants à prêter le serment "bay'atu-r-ridwan" de venger Uthman. Cependant le deuil d'Umm kaltoum ne dura pas longtemps puisque son mari était revenu, sain et sauf, de sa mission. Un traité fut signé entre les deux parties dans lequel les mecquois autorisaient les musulmans à revenir l'an prochain accomplir leur devoir. C'est ce qui fut fait.

Triomphe de l'Islam et décès d'Umm Kaltoum

Deux années après le pacte de Hudaybiyya, les musulmans entrèrent triomphalement à la Mecque. Ainsi, Umm Kaltoum assista à la victoire finale de l'Islam. En ce moment où la voie était libre pour ce qui voulait retourner chez lui à la Mecque, elle se rappela sa mère et ses deux soeurs Zaynab et Ruqiyya, toutes ensemble dans leur maison familiale. Umm Kaltoum était aussi témoin de l'expédition de Tabuk au mois de Rajab, an IX de l'hégire. Ce fut avec l'argent de son mari que l'armée musulmane fut équipée. Il offrit neuf cents cinquante chameaux. Il ajouta cinquante chevaux pour boucler le chiffre de mille. Tous ces évènements ne pouvaient que réjouir Umm Kaltoum.

Hélas ! Tout a une fin. Umm Kaltoum mourut dans la maison de son époux, en l'an IX de l'hégire sans laisser de descendance. Le Prophète demeura debout devant la tombe de sa fille, les yeux pleins de larmes et le coeur serré de souffrance. Il ne restait auprès de lui que Fatima, la plus jeune des filles.

Ainsi Umm Kaltoum mourut avant son père qui retournera auprès de son Créateur une année plus tard. Sa mort lui évita d'assister à la mort tragique de son mari Uthman, assassiné par des assiégeants en furie et qui, après elle, épousa deux autres femmes : Umm al-Banin bint Ubayda et Naïla Bint al-Farâfasa.

Qu'Allâh nous guide sur le droit chemin, le chemin tracé par Son Noble Messager, Ses Compagnons, et ceux qui les ont suivis, Allâhumma Âmîn.

Wa Allâhou A'lam !

Et Dieu est Plus Savant !

 

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25 mai 2013

Zainab

BISMI_ALLAH_DORE

zainab 

Zaynab était la fille aînée de l'Envoyé de Dieu et de Khadija . Sa naissance précéda de dix ans, la révélation divine faite à son père. Quant à sa mère, elle entrait dans sa quarante cinquième année.

Elle épousa son cousin Abû-l-Âs Ibnu Rabi', qui faisait partie des hommes riches et honorables de la Mecque.

Ils eurent deux heureux événements, en premier lieu la naissance d’une fille dénommée Oumama et plus tard, un garçon prénommé Ali. Ces circonstances ont eu lieu juste avant l’Hégire du Messager de Dieu .

Les premiers à croire à sa mission et à rallier l’Islam furent sa femme Khadija, Zeinab et ses soeurs, Ali fils de Abi Talib ainsi que Zaïd, fils de Harith (que Dieu les agrée), qui faisait partie de la famille du Messager de Dieu saws. Ce fut la première famille islamique.

De retour d'un voyage, Abû-l-Âs fut mis au courant au sujet de la nouvelle religion que son beau-père devait communiquer au peuple, à savoir, l’adoration d’un Dieu unique. Zaynab exhortait son époux à se rallier à sa foi. Hélas, il déclina l’offre, argumentant sur le fait que l’on dise, qu’il a soi-disant abandonné la religion de ses aïeux pour l’Islam, et tout cela à cause de sa femme.

Les Qurayshites multipliaient leur agressivité à l'égard du Prophète saws. Ce fut ainsi que les notables de Quraysh décidèrent, dans une proclamation, affichée à la Kaaba, d'organiser un blocus autour de la famille du Prophete saws. Celui ci, ses parents et ses adeptes furent isolés dans un terrain, non loin de la Mecque. Le blocus dura trois longues années.

Certes Zaynab ne faisait pas partie de ceux qui avaient été bannis. Mais les nouvelles de sa famille lui parvenaient jusqu'à la maison de son mari. Elle ne pouvait qu'être peinée par l'état dans lequel son père, sa mère et ses soeurs vivaient.

Cet isolement prit fin après que quelques personnalités mecquoises se révoltèrent contre le sort réservé au Prophète saws. Ils décidèrent d'arracher la proclamation des murs de la Kaaba. Enfin, si la vie relativement normale reprit son court, il n'en resta pas moins que ce blocus eut de néfastes répercussions sur la santé de son oncle Abu Talib et de sa femme Khadija.

En effet, Abu Talib qui accordait sa protection au Prophète saws, mourut six mois après la fin du blocus, suivi trois jours après par la mort de Khadija. Ainsi, les premiers soutiens du Prophète saws disparurent.

Les idolâtres redoublèrent alors leur persécution jusqu'à ce que vint l'ordre du Messager de Dieu saws d'émigrer. Une petite partie des fidèles se rendirent en Abyssinie dont sa soeur Ruqyiya. Le reste des fidèles finirent par quitter la Mecque pour se rendre à Médine, suivi plus tard par le prophète Muhammad et son fidèle compagnon Abou Bakr (que Dieu l’agrée). Zaynab demeura ainsi seule à la Mecque en compagnie de ses enfants.

Lors de la bataille de Badr, les Musulmans étaient approximativement trois cents, alors que les Qoraychites furent un millier. Pourtant, les musulmans remportèrent la victoire avec l’aide du Tout Puissant. Rentrant victorieux à Médine avec un butin et de nombreux prisonniers de guerre, parmi lesquels se trouvait Abû-l-Âs.

Les Musulmans avaient exigé une rançon contre la liberté des captifs. A la Mecque, les Qorayshites se rendirent chez les parents des détenus, afin de réunir la rançon réclamée. Ils se rendirent chez Zeinab (que Dieu l’agrée) lui réclamant le prix de la rançon contre la liberté de son mari. Elle ne possédait que le bijou que Khadija lui offrit lors de son mariage. Le Prophète saws l’ayant reconnue, il pleura et expliqua aux musulmans les faits, leur demandant avec leur approbation la liberté d’Abû-l-Âs.

Abû-l-Âs rentra ainsi chez lui. Quand Zaynab le vit, elle sauta de joie. Cependant, ces retrouvailles allaient être suivies par une nouvelle séparation. En effet, le Prophète saws avait demandé que sa fille lui soit ramenée à Médine. Il n'était plus possible à une croyante d'être unie à un mécréant.

Il faut rappeler que les deux soeurs de Zaynab, Ruqiyya et Umm Kaltoum, furent répudiées par leurs maris idolâtres. Par contre celui de Zaynab refusa de divorcer malgré la promesse des notables de son clan de le marier le plus rapidement possible.

Malgré l'amour qu'elle portait à son mari, Zaynab était une fille obéissante. Elle ne pouvait pas aller à l'encontre de la décision de son père, d'autant plus qu'elle revêtait un caractère religieux. Enceinte, elle s’apprêta à émigrer, les préparations terminées, elle se mit en route en plein jour et devant les Qoraychites, accompagnée seulement par le frère de son conjoint. La nouvelle de son exode est parvenue aux oreilles des ennemis de l’Islam, et la blessure de la défaite était encore béante chez eux, et l’auteur n’était autre que son père, il fallait se venger, ils envoyèrent quelques hommes pour les intercepter.

Ils finirent par les rejoindre hors de la Mecque. Le premier qui les aperçut, fut Habbâru Ibn al-Aswad qui avait perdu à Badr ses trois frères. Il piqua de sa lance le chameau sur lequel était montée Zaynab. Le chameau se rua et fit tomber Zaynab qui heurta un rocher tout prêt de là. Grand archer, son beau frère s’était mis en position l’arc à la main, la défendant contre quiconque voulait s’approcher d’elle. A cet instant précis, Abou Soufyan, qui ne se trouvait non loin de là, intervint en disant :

Ô Kinâna (le frère du mari de Zaynab), Baisse ton arc. Nous avons à parler ! Je ne m'oppose pas au départ de Zaynab qui va rejoindre son père. Cependant, vous partez en plein jour, au vu et au su de tous alors que tu connais le malheur qui nous a frappé à Badr. En te laissant partir, les gens prendront cela comme une humiliation et une faiblesse de notre part. Retourne donc sur tes pas et attends que le calme revienne. Les gens sauront que nous nous sommes opposés à ce départ. Ensuite, tu reprendras Zaynab et tu la conduiras chez son père discrètement.

Zaynab était à terre, le sang coulant de sa blessure provoquée par sa chute. Kinâna fit demi-tour avec sa belle sœur à la Mecque où malheuresement elle perdit son foetus. Son mari resta avec elle jusqu'au moment où ses blessures se cicatrisèrent. Une fois ses forces revenues, elle quitta la Mecque avec son beau frère. Cette fois les poursuivant de la veille fermèrent leurs yeux.

Médine accueillit la fille du Prophète avec enthousiasme. Le Prophète saws montra sa joie, d'un côté, mais il était courroucé par le traitement que les idolâtres avaient fait subir à sa fille.

Zaynab vécut, au cours des six premières années à Médine, dans la sérénité, si ce n'est l'espoir d'apprendre un jour que son mari venait d'embrasser l'islam. C'est que depuis son arrivée auprès de son père, des centaines et des centaines de gens avaient rejoint la religion de Dieu. Elle voyait que la victoire que le Très Haut avait promis à son Messager était certaine.

Un matin, à l'heure de la prière du fajr, elle entendit sa porte s'ouvrir lentement et avec précaution. Soudain, elle vit son mari, debout au seuil de la maison. Elle fut transportee de joie et cria: «Abû-l-Âs ! Abû-l-Âs !». Ces retrouvailles n'etaient pas toutes empreintes de joie. L'époux de Zaynab n'était pas venu a Médine en tant que Musulman mais comme fugitif. II demeurait encore associateur comme il l'était avant. Il lui donna alors les explications suivantes:

- Ô Zaynab! Je ne suis pas a Yathrib en tant que musulman. Je revenais de Syrie avec une caravane transportant certaines marchandises à moi et d'autres à un groupe de Qurayshites. Au cours du chemin, une expédition militaire, conduite par Zayd Ibn Harith et comprenant cent soixante-dix hommes, nous intercepta. J'ai réussi à leur échapper. Je me suis caché jusqu'à la tombée de la nuit. A présent, je suis là en cachette et je me place sous ta protection.

Zaynab etait angoissée. Elle ne savait quelle attitude prendre. Elle garda le silence et entendit son père prononcer le takbîr de la priere de l'aube. A la fin de l'office, elle sortit au seuil de la porte et voyant les croyants sortir en groupe de la mosquee, elle cria:

- Ô vous les gens ! Sachez que j'ai sous ma protection Abû-l-Âs Ibn Rabi'.

L'Envoyé de Dieu saws dit à son entourage:

- Avez vous entendu ce que j'ai entendu ? Ayant reçu une réponse positive, il ajouta "Par celui qui détient l'âme de Muhammad dans ses mains, je n'étais pas au courant de cette nouvelle jusqu'au moment où je l'ai entendue comme vous." Il poursuivit après un court silence : "Je place sous ma protection ce que ma fille a placé sous sa protection".

Le Prophete saws entra chez sa fille. Dès que Zaynab le vit, elle s'écria, attendant de lui son approbation et son soutien:

- Ô Envoyé de Dieu ! Si Abû-l-Âs est proche, c'est qu'il est le fils d'un oncle. Et s'il ne l'est pas, il reste le père d'un enfant. Je déclare qu'il est sous ma protection.

Son généreux père manifesta de la tendresse à sa fille. Cependant, il lui apprit qu'étant musulmane et lui associateur, elle n'était plus licite pour lui. Zaynab comprit que l'union conjugale était, à présent, interdite par la religion de Dieu puisque celle-ci n'autorisait pas le mariage d'une croyante avec un idolâtre. Aussi, lui dit-elle d'un ton triste: «C'est le moment de notre séparation». Abul-'As se cacha le visage afin que son épouse ne voit pas les larmes qui coulaient sur ses joues. Apres quoi, il leva la tête et lui dit d'un ton calme et pondéré:

- "Hier, il m'a été proposé d'embrasser l'Islam et de prendre avec moi les biens que je transportais. Mais ces biens appartiennent aux associateurs. Aussi ai-je refusé d'obtempérer. C'est qu'il est malheureux que ma vie de musulman commence en trahissant la confiance de ceux qui m'ont remis leur dépôt."

Zaynab le regarda bien en face, cherchant a déchiffrer la pensée de son mari. Elle n'en croyait pas ses oreilles. Etait-il vraiment disposé à embrasser l'Islam? Ce serait vraiment une nouvelle des plus importantes car ce serait leur retour à une vie conjugale commune.

Au matin, l'Envoye de Dieu saws envoya chercher Abu-l-'As. Il se trouvait à la mosquée, entouré de quelques uns de ses Compagnons parmi lesquels ceux qui avaient participé a l'expédition et s'étaient emparés des marchandises de la caravane. Il leur dit:

- Comme vous le savez, cet homme est l'un de nous. Vous vous êtes saisie de sa marchandise. Si vous voulez lui rendre son bien, faites-le mais si vous ne le voulez pas, gardez-le car, faisant partie d'un butin de guerre, il est de votre droit de le garder.

Tous, d'une même voix, répondirent :

- Ô Envoyé de Dieu! Nous lui rendons les biens que nous lui avons pris.

Aussitôt dit, aussitôt fait. Tous les biens, sans exception, furent restitués.

Au moment de se dire adieu, Abu-l-'As promit à l'Envoyé de Dieu saws qu'il embrasserait l'Islam dès qu'il aurait remis les biens à leurs ayant droits.

Abu-l-'As arriva à La Mecque. Les Mecquois étaient ravis de son retour avec des gains appréciables, conséquents à de fructueuses tractations commerciales. Il s'assura que tous avaient récupéré leurs biens. Puis, balayant du regard l'assistance, il dit avec calme et moderation mais d'une voix distincte pour qu'il puisse être entendu:

- "Je témoigne qu'il n'y a point de divinité en dehors de Dieu et je témoigne que Muhammed est le serviteur et l'Envoyé de Dieu." Il continua : "Si je n'ai pas donné mon adhésion à l'Islam alors que je me trouvais à Médine, c'est pour que vous ne disiez pas que je voulais m'accaparer de vos biens. A présent que je vous ai restitué votre dû, je me déclare musulman."

Après quoi, il partit en direction de Médine, laissant Ie public abasourdi par cette sensationnelle nouvelle. Quant à lui, il resplendissait de joie car il allait retrouver sa femme bien-aimée et vivre auprès d'elle le restant de leurs jours. Arrivé à Médine, il se dirigea vers la mosquée où se trouvait le Prophète. Sur son passage, les musulmans le saluaient et le félicitaient d'avoir embrassé l'Islam.

Mais lui, il etait préoccupé par une seule idée: est-ce que 1'Envoye de Dieu allait accepter une nouvelle union avec Zaynab? Etant musulman, rien ne s'opposait a ce qu'il vive sous le même toit que Zaynab. C'est pourquoi, le Prophète saws prit son beau-fils par la main et le conduisit chez sa fille. C'était ainsi que le rempart, qui les avait désunis, avait été détruit et que la vie conjugale entre les deux époux reprit naturellement.

Hélas, une année après la reprise des liens conjugaux, Zaynab mourut au début de l'an huit de l'Hégire. Cette fois, c'était une séparation definitive en ce monde.

C'est le Prophète saws qui la déposa dans sa tombe et on sait qu'il invoqua Allah en sa faveur.

Quant à Abû-l-`As, il survécut jusqu'au califat de `Umar.

Qu'Allah soit satisfait de Zaynab

Qu'Allâh nous guide sur le droit chemin, le chemin tracé par Son Noble Messager, Ses Compagnons, et ceux qui les ont suivis, Allâhumma Âmîn.

Wa Allâhou A'lam !

Et Dieu est Plus Savant !

 

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23 mai 2013

fatima

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 fatima 

Fatima était la plus jeune des filles du Prophète saws. Elle est née cinq années avant le début de la révélation ; le jour même où les Quraysh choisirent son père pour la pose de la pierre noire au terme de la reconstruction de la Kaaba.

Elle vécut heureuse auprès de son père, de sa mère, et de ses soeurs, en particulier Zaynab qui joua, pour elle, le rôle de mère. Fatima devait se séparer de ses soeurs, l'une après l'autre, à la suite du mariage de chacune d'elle.

Elle était encore toute jeune lorsque la révélation descendit sur son père. Elle vécut avec le fils de son oncle paternel, Ali Ibn Abu Talib, que le Prophète saws joignit à sa famille et considéra comme son fils. 'Ali, qui n'avait que quatre ans de plus qu'elle, fut donc pour Fatima un frère et un compagnon.

Témoin des peines endurées par son père

Dès la cinquième année de son âge, Fatima devait, malgré elle, affronter les durs heurts soulevés par les idolâtres contre la nouvelle religion qu'était l'Islam. C'est dire que, sans regretter cette période, elle ne connut pas une enfance tranquille.

Fatima était présente lorsque 'Aqaba ibn Abu Mu'it arriva, portant dans un sac les entrailles d'un mouton. Il les jeta sur le dos de l'Envoyé de Dieu saws , au moment où il se prosternait. Il ne leva pas la tête jusqu'au moment où sa fille Fatima s'approcha de lui, prit la saleté jetée sur son père et la jeta sur 'Aqaba. A ce moment, il releva la tête et lança la malédiction contre Abu Jahl, 'Ataba et d'autres encore. Cette malédiction fit peur aux associateurs. Ils stoppèrent leurs attaques et laissèrent le père de Fatima poursuivre sa prière. Après quoi, le Prophète saws et sa fille quittèrent les lieux, la main dans la main et se dirigèrent vers leur maison.

A une autre occasion, Fatima était avec le Prophète saws alors qu'il faisait le "Tawâf" autour de la Kabah. Une foule de Quraysh se réunit autour de lui, le saisirent et essayèrent de l'étrangler avec ses propres vêtements. Fatima cria et appela à l'aide. Abu Bakr accouru et réussit à libérer le Prophète saws. Il implorait alors: 'Tueriez-vous un homme qui dit : 'Mon seigneur est Allah'. Au lieu de baisser les bras, la foule se tourna vers Abu Bakr et commença à le battre jusqu'à ce que le sang coule de sa tête et de son visage.

Emigration à Médine

Ce fut dans ce contexte que Fatima grandit jusqu'au jour où sa famille subit le blocus des mécréants. Elle vécut donc dans le campement avec les privations et les souffrances et ressortit comme tous les autres pour retourner à la Mecque. Elle fut alors témoin de la mort de sa mère Khadija. Quelques temps après, elle suivit son père à Médine à la suite de son émigration avec d'autres Compagnons. 'Ali, qui resta à la Mecque pour surveiller et protéger les arrières du Prophète saws, rejoindra ce dernier trois jour après.

Le voyage de Fatima et de sa soeur Umm Kaltoum à Médine ne se fit pas sans difficulté. Des associateurs les rattrapèrent en cours de route. Al Huwayrath Ibn 'Abd Ibn Qassi, un de ceux qui firent le plus de mal à leur père à la Mecque, piqua de sa lance le chameau monté par Fatima. Celle-ci fut déséquilibrée et tomba sur le sol. A cette époque, c'était une jeune fille frêle et faible de corps.

Fatima finira, en fin de compte par arriver à Médine. Elle fut témoin de la fraternité que son père avait suscitée entre les Muhajirin et leurs hôtes les Ansars. Ce fut une fraternité concrétisée par des actes tangibles. Le Prophète saws, lanca cet appel :

- "Soyez frères en Dieu, Que chacun prenne un frère. Quant à moi, voici mon frère" et il désigna Ali.

Son mariage avec 'Ali

A cette période, Fatima s'approchait de sa dix-huitième année. Ce n'était plus la fille qui, toute jeune, disait à sa mère qu'elle ne se marierait jamais car elle ne tenait pas à se séparer de ses parents comme ses soeurs l'avaient fait. Cependant, elle atteint l'âge de la maturité et savait que le mariage est un état naturel depuis Eve jusqu'à sa mère et ses soeurs. Elle avait à ses côtés 'Ali qu'elle voyait quotidiennement. Celui-ci avait des vues sur elle mais il n'osait pas les exprimer ouvertement.

En l'an II de l'Hégire, elle reçut des propositions de mariage par l'intermédiaire de son père, dont deux furent rejetées. Ali, le fils d'Abu Tâlib, rassembla alors son courage et vint demander sa main au Prophète. En présence du Prophète pourtant, il se laissa intimider et perdit sa langue. Il ne quitta pas le sol des yeux et ne put dire un mot. Le Prophète saws lui demanda alors :
- 'Pourquoi es-tu venu ? As-tu besoin de quelque chose ?'
Ali ne pouvait toujours pas parler, alors le Prophète saws suggéra :
- 'Peut-être es-tu venu pour demander Fatima en mariage ?'
- 'Oui' répondit Ali.

Le Prophète saws dit simplement : 'Marhaban wa ahlan - Bienvenue dans la famille' et cela fut prit comme l'approbation du Prophète par Ali et par les Ansars qui l'attendaient dehors. On rapporte aussi que le Prophète saws approuva et demanda à Ali s'il avait quelque chose à donner en dot. Ali répondit que non. Le Prophète saws lui rappela qu'il avait un bouclier qu'il pouvait vendre.

Ali vendit le bouclier à Uthman pour quatre dirhams et pendant qu'il se dépêchait de retourner chez le Prophète saws pour lui remettre la dot, Uthman l'arrêta et lui dit :
'Je te rends ton bouclier comme cadeau de ma part pour ton mariage avec Fatima'.

Le Prophète saws lui-même dirigea la cérémonie du mariage. Pour le "Walîmah", on servit aux invités des dattes, des figues et une mixture de dattes et de beurre gras appelé hais. Un membre dirigeant des Ansars offrit un bélier et d'autres firent des dons de céréales. Tout Médine se réjouit.

Pour son mariage, on rapporte que le Prophète saws offrit à Fatima et à Ali, un lit de bois entrelacé de feuilles de palmes, une couverture de lit en velours, un coussin en cuir rempli de fibres de palmes, une peau de mouton, une marmite, une outre en peau et une meule manuelle pour moudre le grain.

Les difficultés matérielles

La vie de Fatima avec Ali fut aussi simple et sobre qu'elle l'avait été chez son père. En fait, en ce qui concerne le confort matériel, c'était une vie de difficultés et de privations. Durant leur vie commune, Ali resta pauvre car il n'attachait que peu d'importance aux richesses matérielles.

Fatima était la seule parmi ses sœurs à ne pas avoir épouser un homme riche.

En fait, on pourrait dire que la vie de Fatima avec Ali était même plus rigoureuse que celle qu'elle eut chez son père. Au moins, avant le mariage, il y avait toujours dans la famille du Prophète saws une quantité de mains prêtes à aider. Mais maintenant elle devait faire face seule, de fait. Pour soulager leur pauvreté extrême, Ali travaillait comme peintre et porteur d'eau et elle comme broyeuse de céréales. Un jour, elle dit à Ali : 'J'ai moulu jusqu'à ce que mes mains se couvrent de cloques'. 'J'ai puisé de l'eau jusqu'à en avoir mal à la poitrine' répliqua Ali.

Celui-ci suggéra à Fatima 'Dieu a donné à ton père quelques prisonniers de guerre, va lui demander de te donner une servante'.
A contrecœur, elle alla chez le Prophète saws qui lui dit : 'qu'est-ce qui t'amène ici, ma petite fille ?' 'Je suis venue te donner le Salam' dit-elle de peur qu'il ne puisse lui donner ce qu'elle avait l'intention de demander.
'Que faisais-tu ?' demanda Ali lorsqu'elle repartit seule.
'J'avais honte de lui demander' dit-elle. Alors tous deux vinrent ensemble mais le Prophète saws sentit qu'ils étaient moins dans le besoin que d'autres.
'Je ne vais pas vous le donner' dit-il 'et laisser les Ahl as-Suffah (pauvres musulmans restés dans la mosquée) tourmentés par la faim. Je n'ai pas assez pour leur nourriture…'

Ali et Fatima rentrèrent chez eux, et se sentirent quelque peu découragés mais cette nuit, après qu'ils soient allés se coucher, ils entendirent la voix du Prophète leur demandant la permission d'entrer. Pour l'accueillir, ils se levèrent, mais le Prophète saws leur dit :
'Restez où vous êtes' et il s'assit à côté d'eux 'Ne vous indiquerais-je pas quelque chose de meilleur que ce que vous êtes venus me demander ?' demanda-t-il et ils lui dirent 'Si', il dit : 'Les mots que Jibril m'a enseignés, que vous pouvez dire : 'Subhana Allah' dix fois après la prière, et dix fois "Al hamdu lillah' et dix fois "Allahu Akbar". Et avant de dormir, il faut que vous le disiez 33 fois chacun.
Ali dit plus tard : 'Je n'ai jamais manqué de le faire depuis que le Messager de Dieu saws nous l'a enseigné'.

Quelques disputes conjugales

Entre temps, il arrivait que l'entente ne règne pas entre Ali et Fatima. Un jour, une dispute s'envenima et les opposa si violemment que les voix des deux conjoints parvenaient jusqu'aux oreilles de l'Envoyé de Dieu saws. Ce fut ainsi que celui-ci accourut chez eux. Il y resta un certain moment et sortit, le visage rayonnant de joie. Quand un Compagnon lui demanda les raisons de cette jovialité, il répondit :

- "Comment voulez vous que je ne sois pas content alors que je viens de réconcilier les deux personnes que j'aime le plus ?

Perte de sa soeur

Au milieu de la seconde année suivant la Hijrah sa sœur Ruqayyah tomba malade: Elle fut prise par la fièvre et la rougeole. Ce fut peu de temps avant la bataille de Badr. Uthman, son mari, resta à ses côtés et manqua la bataille. Ruqayyah mourut juste avant le retour de son père. De retour à Médine, une des premières choses qu'il fit fut de se rendre sur sa tombe.

Fatima y alla avec lui. C'était la première perte qu'ils subirent au sein de leur proche famille depuis la mort de Khadîdjah. Fatima fut énormément touchée par la mort de sa sœur. Les larmes coulèrent de ses yeux dès qu'elle s'assit à côté de son père sur le bord de la tombe, et il la consola et chercha à sécher ses larmes avec le coin de son manteau.

Le Prophète saws avait auparavant parlé des lamentations de la mort, mais cela avait amené un malentendu et quand il revinrent du cimetière, la voix d'Umar en colère fut entendue, contre les femmes qui pleuraient pour les martyrs de Badr et pour Ruqayyah. 'Umar laisse-les pleurer' dit le Prophète Mouhammad saws et il ajouta : 'Ce qui vient du cœur et des yeux, cela vient d'Allah et de sa miséricorde, mais ce qui vient des mains et de la langue, cela vient de Satan' - par "les mains", il faisait allusion au fait de se frapper la poitrine et de se gifler les joues et par "la langue", aux cris en cœur lancés par les femmes, comme une marque publique de sympathie.

Naissance de ses fils

La perte dont souffrit la famille avec la mort de Ruqayya fut suivie par la joie quand, au grand plaisir de tous les croyants, Fatima donna naissance à un garçon au mois de Ramadan de la troisième année après l'hégire. Le Prophète saws prononça l'Adhan dans l'oreille du nouveau-né et l'appela Al-Hasan, ce qui signifie le beau.

Un an plus tard, elle donna naissance à un autre garçon, qui fut appelé Al-Husayn, ce qui signifie le petit Hassan ou 'le petit beau'. Fatima emmenait souvent ses deux fils voir leur grand-père qui les aimait excessivement. Plus tard il les emmenait à la Mosquée et ils grimpaient sur son dos quand il se prosternait. Il fit de même avec sa petite-fille, Umamah, la fille de Zaynab.

En l'an cinq de l'hégire, Fatima donna naissance à un troisième enfant, une fille qu'elle nomma comme sa sœur aînée Zaynab, qui était décédée peu avant sa naissance. Cette Zaynab grandit et fut l'héroïne de Karbala. Le quatrième enfant de Fatima naquit l'année d'ensuite. L'enfant était aussi une fille et elle l'appela Umm Kulthum comme sa sœur qui mourut l'année précédente d'une maladie. Ainsi, l'Envoyé de Dieu saws garda dans sa pensée la mémoire de ses deux filles défuntes.

Vers la conquête de la Mecque

Le temps permit à Fatima d'être témoin de l'héroisme de son père qui allait de victoire en victoire, répandant une nouvelle lumière sur le monde, et s'approchait de cette victoire finale que Dieu avait promise à lui et aux croyants. Ce fut ainsi que l'image de la Mecque traversa son esprit. Huit années s'étaient déjà écoulées depuis son arrivée à Médine.

Le jour arriva où le Prophète saws s'avança vers la "Mère des cités" à la tête d'une dizaine de milliers de musulmans. L'entrée victorieuse de l'armée musulmane se fit sous une clameur aussi extraordinaire et qu'exceptionnelle. Dix mille voix scandaient :

Allahu Akbar ! Allahu Akbar ! Allahu Akbar ! Il n'y a point de divinité que Dieu ! Il a fait triompher Ses serviteurs, a renforcé la puissance de Ses soldats et a défait Seul la coalition. Il n'y a de divinité que Dieu. Allahu Akbar !

En arrivant à la Mecque, Fatima souhaita revoir la maison où elle était née et avait grandi, de même que 'Ali. Après son émigration, elle était devenue celle d'Uqayl Ibn Abu Talib. Aussi, se demanda-t-elle quelle serait la maison que son père leur choisirait à la Mecque. Les Ansârs aussi se posaient la même question : Est ce que l'Envoyé de Dieu saws allait les quitter et séjourner définitivement dans sa ville natale ? La grande joie, qui s'empara de lui en revoyant sa patrie après une si longue absence, leur fit croire qu'il ne retournerait point à Médine; l'un d'eux fit cette remarque :

- Par Dieu ! L'Envoyé de Dieu saws a retrouvé son peuple !

Fatima entendit tous les murmures des Ansars, puis le Prophète saws demanda à les faire rassembler. Il leur tint ce discours après avoir distribué un butin de guerre essentiellement aux Qurayshites, ce qui souleva le mécontentement des Médinois :

- Ô assemblée des Ansars ! Vos propos me sont parvenus ! Comment avez vous pensé de moi ce qui est dans vos coeurs ? Ne suis-je pas venu à vous alors que vous étiez égarés et que Dieu vous a guidés ? N'étiez vous pas pauvres et Dieu vous a enrichis ? N'étiez vous pas ennemis les uns aux autres et Dieu a réuni vos coeurs ? Vous êtes en droit de me dire : Tu es venu à nous alors que ton peuple te traitait de menteur tandis que nous, nous avons cru en toi et nous t'avons donné un refuge !...

- Ô assemblée des Ansars ! Ne voulez vous pas que des gens partent avec du bétail et des chameaux au moment où vous, vous retournerez chez vous en compagnie de l'Envoyé de Dieu ? Par Celui qui détient l'âme d Muhammad dans Sa main, si ce n'était l'émigration, j'aurais été un homme des Ansars. Si je devais choisir un peuple, j'opterai pour celui des Ansars. Ô Seigneur Dieu ! Accorde ta miséricorde aux Ansars, aux fils des Ansars, aux fils des fils des Ansars.

Ce discours fit pleurer les Ansars ainsi que les habitants de la Mecque. Ainsi l'Envoyé de Dieu saws a choisit la demeure de l'émigration. Il ne restait plus à Fatima qu'à faire ses adieux à la maison de son enfance et visiter une derniere fois la tombe de sa mère, avant de s'engager, avec son père, sur la route de Médine. Elle n'y séjourna que deux mois et quelques jours.

Arrivée à Médine, elle passa encore deux mois de bonheur auprès de son père dont l'affection, pour elle, son mari et ses enfants, n'avait faibli à aucun moment. Pendant cette période, elle avait repris des forces. Elle s'occupait davantage de l'éducation de ses enfants, laissant les travaux de la maison à une servante que 'Ali, enrichi quelque peu par le produit du butin de la conquête de la Mecque, avait mis à sa disposition.

Maladie et mort du Prophète

En l'an XI de l'hégire, le père de Fatima se plaignit d'un mal qui le faisait souffrir. Les membres de la Maison et les musulmans pensaient que ce n'était qu'un mauvais moment à passer et, ensuite, tout rentrerait dans l'ordre. Personne ne se doutait que cette maladie allait l'entraîner vers la mort. Mais Fatima se rappela le moment où elle se rendit chez son père qui se trouvait dans la chambre de 'Aisha. Après que son père, affaibli par sa maladie, l'embrassa et la fit asseoir à sa droite, il lui fit comprendre que sa vie avait atteint son terme. Elle éclata en sanglots et pour la consoler, il lui dit :

- Tu seras la première des membres de ma Maison qui me rejoindra dans la tombe. Il ajouta : N'accepterais-tu pas d'être la sayyida de cette Communauté ?

Fatima sourit de cette nouvelle. Aisha qui rapporta cette scène, dit qu'elle n'avait jamais vu une joie aussi proche de la tristesse. Elle demanda à Fatima la raison de ce changement brusque d'humeur. Celle ci lui avait répondu sur le moment qu'elle ne pouvait pas révéler un secret que le Prophète saws lui dévoilait.

Quelques jours après, la maladie du Prophète saws empira. La peur se mêla à l'angoisse. Fatima entoura son père de toute son attention, ne cessant pas d'implorer Dieu de renforcer son courage et sa patience. Fatima sentit que l'état de son père empirait quand elle le vit prendre de l'eau de sa main et le renverser lentement sur sa tête. Elle l'entendit lui dire de ne pas être triste après sa mort. Quelques temps après, l'Envoyé de Dieu saws, quitta ce monde, les musulmans et les êtres les plus chers de sa famille.

Fatima s'évanouit. Elle ne sortit complètement de son évanouissement qu'après le serment d'allégeance prêté à Abu Bakr, soit 48 heures après la mort de son père. Elle alla se recueillir sur sa tombe et revint à la maison où elle fut accueillie par Anas Ibn Malik, le serviteur de l'Envoyé. Celui-ci ne pouvait que lui demander de se montrer patiente à la suie de cette perte qui a endeuillé toute la Communauté musulmane. Elle lui répondit :

- Comment ton coeur t'a permis d'abandonner à la terre le cadavre de l'Envoyé de Dieu ?

Malik éclata en sanglots. Il ne pouvait pas contenir ses larmes alors qu'il conseillait la patience à d'autres. Entre temps, 'Ali arriva et lui fit part que beaucoup de musulmans déclaraient que le califat aurait dû lui revenir. Cependant, les décisions s'étaient précipitées. Non seulement, l'Islam n'avait jamais prescrit que le califat devait être héréditaire, mais il était trop tard pour revenir sur le premier serment d'allégeance accordé à Abu Bakr. Ce fut ce que des Compagnons avaient dit à Fatima :

"Ô fille de l'envoyé de Dieu ! Notre serment d'allégeance a été donné à Abu Bakr. Si ton mari, fils de ton oncle paternel, s'était présenté plus tôt à nous, nous n'aurions pas préféré un autre à lui."

Mais 'Ali avait répondu : "Devais je abandonner l'Envoyé de Dieu dans sa maison sans l'enterrer, et sortir pour disputer le pouvoir à d'autres ?"

Abu Bakr demanda à Umar de l'accompagner chez Fatima afin de la convaincre d'accepter le fait accompli, d'autant plus, qu'en sa qualité de premier calife de l'Islam, il lui avait refusé d'hériter de son père, partant du principe qu'on n'hérite pas des prophètes. Arrivé sur les lieux, Abu Bakr prit la parole en disant :

- Ô Bien-aimé de l'Envoyé de Dieu ! Par Dieu ! Ta parenté à l'Envoyé de Dieu est meilleure, pour moi, que ma parenté. Mon affection pour toi est plus forte que celle que je porte à ma fille 'Aisha. Le jour où ton père est mort, j'aurais aimé mourir ce jour-là et ne pas rester en vie après lui. Je reconnais ton mérite et ta dignité. Si je t'ai privé d'hériter de l'Envoyé de Dieu, c'est parce que je l'ai entendu dire, parlant des prophètes : "Personne n'hérite de nous. Ce que nous possédons doit être distribué en aumônes."

Fatima rennonca donc à sa demande d'héritage. Par contre, elle s'isola dans sa tristesse et son deuil, pleurant la mort de son père. Il ne lui restait plus qu'à le rejoindre ainsi qu'il le lui avait annoncé quelques temps avant d'aller à la rencontre de son Créateur.

Ce fut ainsi que le lundi, le deuxième jour du mois de ramadan, an XI, Fatima embrassa les membres de sa famille, emplissant ses yeux de larmes chaudes. Puis, elle appela Um Rafi', la protégée de son père et lui dit, d'une voix basse, à peine perceptible, de lui préparer de l'eau. Elle se lava ainsi qu'elle le faisait elle-même auparavant, vêtit des habits neufs, remplaçant ceux du deuil qu'elle portait, puis elle dit à Umm Rafi' de poser sa literie au mileu de la chambre. Elle s'allongea, ferma les yeux et s'endormit. Ce fut ainsi qu'elle mourut.

'Ali l'ensevelit en pleurant et l'enterra dans le cimetière al-Baqi. Il lui fit ses adieux et retourna, l'air abattu, dans cette maison devenue lugubre depuis la disparition de son épouse.

Fatima "la resplendissante" n'avait que 29 ans.

Ses mérites

Le Prophète saws avait un profond amour pour Fatima , il dit une fois : "Quiconque plait à Fatima plait en réalité à Dieu, et quiconque cause sa colère cause en réalité celle de Dieu. Fatima est une partie de moi. Ce qui lui plait me plait aussi, et ce qui l'a met en colère me met aussi en colère"

Il dit aussi : "Les meilleures femmes au monde sont au nombre de quatre : la vierge Marie, Assiya la femme de Pharaon, Khadija la mère des croyants, et Fatima, la fille de Muhammad."

On donna à Fatima le titre de az-Zahra, ce qui signifie la Resplendissante, en rapport avec son visage radieux, qui semblait diffuser de la lumière. On dit que lorsqu'elle se levait pour la prière, le mihrab reflétait la lumière de son visage. On l'appelait aussi al-Batul, en raison de son ascèse. Au lieu de passer son temps en compagnie d'autres femmes, elle passait beaucoup de son temps en prière, à lire le Coran ou à d'autres actes d'adoration.

Fatima avait une forte ressemblance avec son père, le Messager de Dieu saws. Aisha , l'épouse du Prophète, dit d'elle : "Je n'ai jamais vu une créature de Dieu qui ressemblait davantage au Messager de Dieu dans son langage, sa conversation et sa façon de s'asseoir que Fatima."

Les bonnes manières de Fatima , son doux langage, faisaient partie de sa ravissante et sympathique personnalité. Elle était particulièrement gentille avec les pauvres et les nécessiteux, et donnait souvent toute la nourriture qu'elle avait à quelqu'un qui se trouvait dans le besoin même si elle-même restait sur sa faim. Elle n'avait aucun amour pour les ornements, ni pour le luxe et le confort de la vie.

Elle a hérité de son père une éloquence convaincante, puisée dans la sagesse. Quand elle parlait, les gens étaient souvent émus aux larmes. Elle avait la capacité et la sincérité pour créer des émotions, émouvoir les gens aux larmes, et emplir leur cœur de louange et de gratitude pour Dieu pour ses faveurs et sa générosité inestimable

Qu'Allâh nous guide sur le droit chemin, le chemin tracé par Son Noble Messager, Ses Compagnons, et ceux qui les ont suivis, Allâhumma Âmîn.

Wa Allâhou A'lam !

Et Dieu est Plus Savant !

 rose

 

 

 

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